BANDAISON, POURQUOI M'A TU TANT QUITÉ ?

Le canif du temps taille un sillon

qui m'incruste le tattou du vide

de la poitrine à la fesse.

J'ai l'amour fanné

l'espoir essouflé.

Des gros sillement

une toux rauque

la verve aphone

l'audace congelée

des réticules

qui me corrode la technologie

amorphe du geste

sourd de la chanson.

J'ai comme le pic gelé

La verge impuissante

l'enfant givré.

J'ai le gris qui flue

plat en lourde boucane

J'ai le miroir qui torche

une autre mort quelqu'onque

qui onque n'a fleurie

ni butiné ni batifollé

ni souffert sous les vert pommiers.

Je n'ai onque quelques passions violente qui fait pleurer de rage à trouer les murs ou casser les assiettes.

Non.

j'ai le définitif engluer

sur le porte manteau

avec un parfum de châle.

Je t'ai le féminitif assourdit

qui pend la honte

à te caster le joual.

Autant en surplus

qu'en attendant

à l'essenciel.

Je crois aussi avoir la foi

qui s'use

aux virevoltes verbabiles

des big-bang,

est puits de potentiels,

des gaz d'échappements

d'humanoides à roulettes russe.

Pourtant,

tout mon enfant vibre

à vouloir vivre.

Pourtant

l'amour est là

juste là

à me crier la gorge.

Pourtant

j'ai peur

de quoi

des gens

de moi

de toi

de soit.

Ai-je le cerveau

si réactif

pour l'empèche de vivre ?

Le lobe frontal hyperactif

ou la pulsion trop profonde ?

Quelle connerie.

Serais-je hors de ma propre dimension ?

Insaisissable à ma propre apréansion ?

Veux-je vieillir vivant

lente souffrance

douleur continue

compte de taxe

et ritournelle?

Tout ce talent

dépensé dans les bars

dans les souks

abrutit par l'orgueil

dépravé répendu

comme fiente fermenté

au champ beuglé de l'ivresse humaine.

A-t-on de l'intelligence

pour seulement posé

des interrogation

arrondir des points d'exclamation

mettre un cran d'arret

à son dossier criminel

une limite à sa carte ?

O folie,

tu nous tient bien mieux

dans tes chaines féroces

par l'équilibre de la souffrance éveillée

que dans le someil atroce

d'un plongeon final baton.


Benoît Leroux, 1994