BENOIT



Un jour, alors qu'il dormait vraiment, la bande de ses rêves lui jouèrent un tour inusité, tous excités qu'ils étaient par l'ardeur du soleil qui faisait beau sur la terre. Comment mourir un peu tous les jour et renaître un peu tous les soir... songez-y et vous conviendrez avec moi que l'indifférence est voluptueuse.

Ils lui jouèrent un tour de force par son ingénuité qui marqua un trait définitif dans sa personnalité. Il s'agissait d'induire dans son imagination la splendeur de la pureté éternelle. Ce n'était pas à priori un tour facile à exécuter car il fallait que ce effet puisse résister aux assauts incommensurable du temps maussade.

Ils le menèrent donc dans une petite maison, par transport astral, quand les ondes alfas de son cerveau avaient complètement livré à l'imaginaire ses facultés mentales.

Tous y respirait de bonheur, les couleurs, les formes, les gens, la végétation, le soleil resplendissant. Cette maison avait une tour, une cave, une porte d'entrée grande ouverte, un jardin plein la vu, un champs gorger de verdure et d'or, une clairière hanté de vent doux, un puits livrant une eau rare et cristalline qu'on faisait monté au moyen d'une pompe à bras de fer et donc le goût parait-il change en jeune fille ingénue les vieillards grincheux.

Ce long voyage dans le bonheur donna soif à notre héros rêveur, surtout le soleil qui agitait ses rayon au maximum pour plus d'effet et par ce que le rêve qui avait été choisit pour joué le rôle du soleil y croyait à fond et qu'il rêvait lui même devenir un grand comédien plus tard. Jouer le rôle du soleil était pour lui un honneur et un couronnement. Il était trop souvent contraint de joué des fantômes, des sorcières, des chevaux et des araignées. Alors voyez le qui ensoleille à qui mieux mieux cet espace magique à force de couleur où toutes les longueurs d'ondes se chamaillaient en silence. Quelqu'un pouvait quand même les entendre dans le chorale multicolores des oiseaux nombreux si il savait qu'ils ne font que raconter à mesure les mouvements innombrables et furtifs des photons de lumière qui leur danse dans les yeux.

Le petit Benoît assoiffé commança de pomper le grand bras de fer forgé, au soleil pour tirer l'eau du puits. La pompe se mis à grincer des dents et à digérer drôlement tous ses tuyaux par la succion mécanique. l'univers s'inversa tout simplement par le tuyau de pompe et son rêve subitement se changea en réalité. Il en sortait des pierres précieuses multicolores car un grand son une cri fabuleux sorti des ténèbres avec une lueur verte. C'était une inversion des polarités universelles qui le frappa au visage.

Notre ami le rêve soleil, subtilement vit se changer sa parure d'or pour celle mystérieuse de la lune. Sa puissante force s'assouplie et ces rayons d'ors ce changèrent en diaphanes volutes nébuleuses qui sont celles qu'on attribut à la lune, notre mère.

Benoît, stupéfait dans la conscience, apeuré par son geste innovent si lourd de conséquences crispé du coeur ne pu faire autrement que céder au flot des larmes, par ce mélange amer d'émotion provoquer par le choc du beau et du drame. Il se rendit compte de la réalité soudaine de son rêve.

Emprisonné dans son rêve! C'est la pensée qui l'effrayait tant.

Mais tous les rêves qui avaient participé à cette mascarade, à commencer par rêve tuyau de pompe, ressentaient à peu près le même sentiment. C'était la panique générale. LE MONDE SUBIT UNE INVERSION, LE REVE DEVIENT RÉALITÉ. Ce doit être ça "un trou noir".

Quoi! faudrait-il, désormais, s'endormir dans ses rêves pour revenir sur notre bonne vieille terre normal, où tout est si confortable et sécuritaire par la continuité sereine des jours et des nuits qui se succèdent à l'heure prévu. Ce monde choyé où on peut élaborer des plans à long terme en avançant petit à petit en suivant des lois qui, si elles sont certes pénibles à apprendre et subtile, n'en demeurent pas moins constante au moins en apparence.

Ici, on ne sait jamais ce qui nous tombera dessus d'une seconde à l'autre. Ce peut être très beau, magnifiques à en pleurer, même, mais d'un souffle, tout l'univers peut ce changer en un montre effroyable qui va vous manger en prenant le soin de vous faire mijoter la crainte jusqu'à vous faire blanchir la tête de peur.

Benoît, qui était rêveur par nature, et qui, à force d'exercer c'était fait beaucoup plus d'amis par son imagination que dans la réalité, n'avait jamais songé que son refuge pu contenir tant de pouvoir, de puissance caché.

Le rêve a cette faculté de pouvoir se superposé à lui même. Vous pouvez rêver dans vos rêve, vous pouvez vous réveiller dans vos rêves, vous pouvez rêver éveiller et ainsi de suite.

Alors il s'assit par terre, sur le sable tiède au bord de la mer de diamant de rubis et d'émeraude jaillit de la pompe rouillée. La lune se levait pour aller se coucher pour que le soleil se puisse se lever en un beau couché rouge, car le monde est à l'envers. Benoît se mit à griffonner dans le sable avec une branche de noisetier à la forme étrange d'une baguette de sorcier ou plutôt de sourcier, ce qui ce ressemble beaucoup. Il écrivit à sa mère qu'il aimait tant parce qu'il ne lui avait jamais vraiment écrit, elle était en lui comme une nature de base à laquelle on ne songe que lorsqu'il survient un drame ou des émotions trop grandes pour notre petit coeur d'enfant. Il écrivit à sa mère sa petite histoire, narrant comme il faut son nom à la troisième personne tout inspiré par l'océan... la mer, comme un homonyme chargé de sens.

Ce sont ces mots éphémères sur le sable que j'ai photographié, ces mots, que le rêve du vent aura tôt fait d'avaler avec la marée dans leur repas du soir, en riant, ivres d'êtres si heureux. Un instant peut contenir beaucoup plus d'éternité que des années d'ennui, l'amour et l'imaginaire sont les seules réalités certaines.


Benoît Leroux, 1995