LA FORCE D'Y CROIRE




Je vis en artiste de la vie.

Je fais de chaque seconde une cathédrale

de mes atomes assemblés.

Je dirige mes pointes vers les cieux magnétiques

en une musique à jouir.

Je connais sans les apprendre

les plus hautes stances

livrées de l'amour,

comme l'est l'air.

Je me cintre sur un point mobile

de l'univers, par lequel, immobile,

je suis sans angoisse.

Parles-moi, Michel, du grossier.

Peut-il s'édifier?

Fais-moi un nez qui réjouit l'enfant.

Je ne suis qu'un pays,

aux sons de mes amis

qui éblouit divinement,

qui créer merveille doucement.

Une main en donne une autre à recevoir,

une oreille pour entendre un ciel à dessiner.

Ainsi, suis-je naissance,

ainsi que je m'accouche,

une simple z'étoile,

un pipi dans la couche.

Tout ressemble à ma douce maman,

tableau de rêve, souffrance digérée.


Benoît Leroux, 1987