FROID


La désagrège opère à froid

dans mon amour céleste,

il fait trop blanc.

Ça a d'l'air d'une autre orgie.

C'est frette.

C'est plein de mains

comme de les pluies qui défont

les jolis nuages gris.

Il y a des foules en témoins

avec des cheveux,

des petits chapeaux rouges,

mais je donnerai recevrai

des baisés charnels,

la tête inclinée

qui baille chaude,

ensuite...

je ne regrette plus d'être venu.

Mais les vaches foncent

contre la marée des gens,

nos bedaines basculent

dans le foulement des yeux

qui crient de la fumée...

à nouveau, s'irise ta pupille,

un lac du matin,

sans frissons...

Loin, loin, là-bas,

sur des méristèmes lutinées,

on peut prévoir

la vaste nature fluide

qui berce, mêlée,

c'est nous deux, seuls.

C'est "voilà comment j'écoute" pour les images

qui jouent de la musique.

Une maison se débat avec sa passion.

Allez-y, les spectacles, les rires,

l'immense joie de tout oublier

par la féerie.


Benoît Leroux, 1992