J'EXAGEZER

J'observe en me réveillant ce gris crevé de blanc

un gris vibrant qui tressaute qui...

J'observe un gris blanc délirant eclabouissant

un gris blanc pas éblouissant, pas jouissant mansun gris blanc grisant.

J'acouche d'un soleil fou méthaphorique

je suis dingue,

j'accouche d'un soleil,

sans le dire,

J'exagézer, c'est son nom.

Il succède à Ollin Tonatiu, au tremblement de terre.

J'exagézer avec apostrophe et accent aigu.

Ca fait mal, ça fait du bien.

Neuf ans de grossesses.

Un ballon.

Un aveuglement.

Un soleil politique, en cravate,

qui ment,

un photographe photogénique.

Un soleil pour se mettre à nu.

En repos, en vacance, couché.

Un soleil pour rèver,

pour faire beau,

pour espérer,

un soleil paradisiaque,

pour illuminer,

qui fruite d'amour

qui vous saisi la chaire.

Un j'exagézer qui fait la lumière sur des faits troublants.

C'est un animateur de foule, de faune, de flore sous-marine.

Un soleil de corail. Une étincellance, un ciel charmant.

C'est un soleil enfant, un estomac puissant qui donne dans la couche fleures et goélants.

Il brille, il chauffe, il couve, fixe comme un diamant, il regarde tout puissant.

Il ne cherche pas à comprendre, il comprend.

Il embrasse à l'inverse du carré de la distance, chassant l'ombre derrière les choses.

Un soleil qui vous regarde droit dedans. Un boulversement. Un collectif autogéré, un Roi, une appogée.

C,est un astre cinglant d'or natif, un être innoscent tout puissant qui fait le jour et la nuit.

Si on l'examine au bistouri sur deux pages dans un atlas en couleur, on a rien compris.

Il crée l'oeil à la lumière, il génère les formes à l'intelligence.

Son champ magnétique couvre d'unb drame les illusions.

Il s'allume, il s'éteind parcequ'on tourne en rond.

Il clignotte à gauche et tourne à droite.

Il ferme les yeux pour rêver de nuit romantiques, se mirant dans la lune des histoires fantastiques.

J'exagézer a son culte de nouvelle mode.

Des lentilles convexes des appareils complexes.

Il s'épanche en pivotant du photon jusqu'au coeur d'une grotte magique où l'on fait jaser son rayon, un fiat sur l'avenir.



Benoît Leroux, 1993