LE MENSONGE SAOUL



la rive, la grève, la rivière, ma roche

sont enfouit sous des strates graphiques

j'en suis où je n'ai plus d'armes

la violence fait défaut sur ma peine

ma peine, plaine de trahison, de lachetée,

une déconfiture insolvable vomie du mensonge.

Prend la relève, quelqu'un !

les forces me manques avec le someil qui défaille.

J'ai le remoue qui torture

la lame qui m'enfonce, la haine qui me décharge

comme sang qui gicle,

j'ai le gouffre qui me béant,

j'ai la soif de vrai qui m'acheve

les derniers souffles de beau

Ils tournent, pas les vautours sur mon corps,

les vempires sur mon ame

J'ai le destructeur qui m'empoigne l'autre

je ne suffit plus à la mort

puisque je m'autodamne l'un l'autre

Mais je n'irai pas boire

je ne trouve pas plaisir dans l'oubli

je ne trouve pas d'ardeur ni de repos dans la fuite

je reste là,

seul avec le temps lui-même

qui me tient en echec

qui me dame le pion

qui me force d'apprendre,

aprrendre à perdre.

Gael, fleur nocturne

aux yeux de crocodile

Danièle, mandragore

qui joue l'enfant pour un papa

sur une lyre arabe

Benoît, le bras du bourreau et la tête qui tombe

la souffrance dans un corps sain

la douleur dans un coeur pur.


Benoît Leroux, 1994