CHANTS A LA MAGNE MUSE

NICOLE MAGNY

QUI S'AMUSE À ME LANGUIR

VOIR MÊME

À ME JOUIR SOUFFRIR

EN PEINE de JOIE

Magne muse, mon chant premier

Viendrai viendrai

je t'aurai puissante

dans la nuit

à lent pas courbés

par ton lit te cueillir

Oh, oncque ne m'entendra

à ton rève perché

ma chaleur t'absorbera

et la tienne moi

Tu glissera te laisser

telle une abreuve

aux tendresses de mon âme

dans la tienne enchâssé

Nous aurons tout

ivres

tout baisé

de nos chaires intenses

doux sont

le mois de mai

la lune d'argent

où pèse l'accable d'un chagrin

Ils sont les plus

les trésors qu'on a peur de.

magne muse, un chant second

...

Qui est une fleure?

Tu m'entraine dans une folie trans-papier

là entre mes mots et tes jambes

une force déjoue mes sens

quel sont ces sons

qui s'aiment d'une source soudaine

le silence à l'écoute,

Je blûle de mourir dans ton ventre clair.

magne muse, mon chant tiers

morceau de viole

Me voici, ma merveilleuse,

en costar gris beige

illuminé parmis les êtres

me voici, tout puissant

proférant tout partout

des érections incontinentes

crachant ma bave de belzébuth

sur l'affreux de la ville émue

Attention, toute tendre

car devant tout

me voici voilà

piétinant les dieux du ciel

en étrangle nature

puissant, le plus beau

pour te créer en couleur

Sois furtive

sois douloureuse

ma pouliche

sache jouer de l'épaule

que je t'éperonne à mort

t'enfourche au galop des dunes

que je t'infuse,

ma diabolique

en assencion

ton vagin, tes naseaux

qui fument frémissent

à la course.

Cabre!

Prend le mord aux dent!

Foule aux pieds ces ammats d'ennuis

Regorge de sanglots

cette sève blanche

absorbe le venin.

Je me moi autant que jamais

sur tes seins de pute

où je vomis l'élixir

ivré des odeurs criantes

de la luxure.

J'avoue, oui j'ai honte.

Oui je votre dans la pousière

ma tête couronnée

c'est que vois-tu

belle orgueilleuse

j'ai archi-faim de toi

de ton ventre sonore.

Je suis à tes pieds

tel un arc

bandé comme un aigle

souffrant à ton pied nu.

Ta main tendre

est affolante.

Où mordre

maintenant

ma défuntifise d'homme ?

Vain cul.

vais-je pleurer

pour ceux qui savent lire ?

Vais-je rougir et

m'aller pendre ?

Z'êtes, demoiselles

sous vos jupes perverses

les doigts de fées

de ma mandoline

qui dit:

"Je sais trop bien répondre

d'un vagin plein de jus".

magne muse, un chant quatrième

Voles, ô oiseau de ma jeunesse

La lune pleine déchire les nuages

elle tire à elle

d'incroyables flots de rêve

Je t'imagine comme une flèche

qui quitte son arché

armée d'un autre temps

qu'engendre ta vitesse

Dans ma chambrelette

la nostalgie résonne

dans des tuyaux

qui servent à couler.

Une chirurgie métaphysique

s'opère dans ma bédaine

Il s'ouvre un oeil interne

qui voit tout.

Mais j'ai mis un voile

dans mon encre

j'ai l'amer triste qui brume

très fragile au niveau du coeur

Ma pensée se dilue et fond

comme monte le niveau du lac

insaississable mouvement

d'une lenteur ingénue.

Mon oeil répend

sa pluie de regard

en rond qui mouillent

la surface des images

et les déforment précisément

Le spectacle oculaire

s'abreuve

au double reflet

du soleil par la lune

dans la substance de l'onde

Abîme!

Innéfable trou.

Toutes sensuelles

s'y module.

Des sombres rayons d'argent

parent l'astre des nuits.

Son silence de lune

inquiète des songes

en révoltes

où l'on danse nu

un sabat macabre

à l'écran mobile des nuages.

C'est la pleine lune.

Son attraction me transperce

comme les baisés humides

aux douceurs écorchante

de tes lèvres gonflées.

Magne muse, un cinquième chant

Ton pégase étalon

À toi qui pendule

cette tache grisée

J'avais des mots

bien pensés

qui dansait ta beauté

J'imagine l'encre

couler sur ton sein

ma plume ne sait plus

m'exprimer.

Je serai un beau mâle racé

plein de grand savoir

grave et profond

érudit de tes courbes

insensibles.

Je serai triste et naif

comme un enfant

qui songe à mourir

et sur le son de mon violon

j'irai te cueillir au balcon

dans tes mauves nuages

nous aimerons

avec de longues ailes

comme l'horizon.

Si tu savait, Nicole,

j'ai des sphères dans ma poche.

On les lance pour qu'elles

éclatent en étoiles minuscules

Parle moi un peu

avec ta langue

avec tes doigts

ton ventre et tes orteilles

Magne muse, un sixième

Nicoleries

Le sens de l'ombre

au fond de ce rêve

l'univers sait que je t'aime

l'horizon

2 pôles

une lumière

nous le ciel

nous la terre

sommes d'oiseau

libre d'être

le saxe

la trompette

un seul cri

l'extase

l'orgasme

un ruisseau

sous ta lèvre nue

un pont de caresse

par des cieux de braises

ô ta colone

mon algue

la colombe.

Benoît Leroux, 1973 à 1976