SUIS-JE?


Thing!

De l'antichambre écartes le voile.

des boufées d'ensens réveille tes sens.

Dong!

Le vase ming hésite son pédigri

l'horloge jalouse de haut sur la comode.

Gong!

Les éclas d'un son d'orgueil de cuivre

contrastent sur le tapis persan felin

Bing!

résonne au long le chagrin emprunt

un corps ambre clair languit sous les cousins.

A réfléchir je plais penser et pense plaider

aussi libre quand je suis reposé et la pense empesé

Mon sujet pronfondit et recule vers le centre aujourd'hui

Il traverse mes sens monte et revient en cherchant

en fouillant dans le flou des frontières la limite

mouvante le méridien le poult le focus le joint.

Par spirales concentriques à l'avance mon esprit dévale

les objets, les obstacles les passages, museau contre pousière

à l'idée d'un os qui pourrait enflammer mes sens.

Qui suis-je ?

Je suis le roi de mon univers. Je suis serviteur de mon dieux.

Je suis l'intermediaire entre terre et cieux. Je contient tout

ce que je sait, je soutient tout ce que j'imagine, je fait en dehors

ce que je peux, en dedans ce que je veux.

J'ai l'yeux pour écouter le soleil distinguer le formes, l'yeux

stéréo pour croire en trois dimentions la moitier du monde multipe.

J'ai l'ouie biphonique aveugle pour me situer dans les sons, pour

happer malgrés tout l'onde constante de l'air.

J'ai le naseau chimique de la microscopie moléculaire, qui aime

et qui renie, subtile contact endormit, laboratoire inconscient.

J'ai le tactil d'une peau, d'une enveloppe, le tactil d'un reptil

qui lui dit agit, enserre et tue. Le tactil d'une langue qui goute

qui dégoutte qui recelle l'instinct cumulé des ancètres amibes.

J'ai le tactil qui culmine par le gouffre de la bouche, qui sait jouir

qui sait souffrir, et m'arrache la liberté au besoin de nourrir.

Ainsi suis-je construit, en tube, entre la gueule et l'anus.

Autonome et obligé. Je vais détruisant la vie pour alimenté la mienne.

Soumis au devoir de digérer des monceaux en jouissant,

sous menace du fouet de la soif ou de la faim.

Ensuite, ma race m'a fournit l'outil complexe du language, mais c'est

un labyrinthe obscur. C'est une prison, un contrôle téléguidé pour

m'égarer en moi-même, me faire dire des chose que je ne pensait pas avant.

Comment savoir ce que l'on sait avec les mots des autres ?

C'est un oeil qui m'observe constemment, un dieux imposé pour me surveiller.

Il me dicte quoi penser, quoi dire, quoi faire pour me conformer.

Qui suis-je ?

La nature m'eserre et l'humanité m'emprisonne.

Sont-t-il l'un contre l'autre. Dois-je prendre parti ?

J'ai aussi la conscience, notion vague et abstraite qui se dilue

quelque part entre le verbe être et avoir.

Suivant l'attribut du complément d'objet directe ou indirecte la

conscience s'acorde soit avec le sujet soit avec le complément d'objet.

Et voilà que ce n'est pas assé...Il se trouve que par réaction

électrochimique, le corps que j'habite est nerveux, sensible et

réactif, tempéré à 37 degrés, il suporte mal les eccès. J'ai des limites

sensitives on m'a doué d'une capacité de souffrance. Ça, ça fait mal.

Ça, ça me rapelle que je ne suis pas mort. Ça, ça me le crie, je ne suis pas

un autre.

Qui suis-je ?

J'ose répondre. Je suis ce qui veux. Je suis ce qui est. Je suis tout.

Je suis au centre du monde. Je suis ce qui perçois et qui agit. Je suis

ce qui imagine. Impuissant et tout puissant. Je suis une illusion à mes

propres yeux. Je suis le contenant contenu, ma forme détermine le fond.

Je suis ce que je connait, ce que j'imagine, ce que je sais.





tout cela fabrique des moules à l'atelier de ma mémoire.

Benoît Leroux, 1993