SUSOZOTO


La vie n'a plus de sens, Susozoto. J'ai goûté la grâce de tes formes malignes, j'ai sucé la cerise du sorbet de tes friandises Susozoto. Toute la chaire de cuir de ton siège félin, tes pédales pétales, la gentes gracieuses de tes semelles Bonne année...l'odeur de ta gazoline...tes secrets jardins des options en sus. Non, décidément la vie n'a plus de sens. Susozoto sans toi j'ai le garage vide. J'ai l'accès obtus. Mes excès de fièvre se succèdent et se ressemblent tous, c'est de toi que je rêve O ma destructrice. Québec, New York, les lacs mourant du nord tous ces pays et toutes ces campagnes, les montagnes, les fleuves, la mer sont au crédit de ton cou effilé par la dynamique des fluides, pendu comme d'autant plus de bijou, perles fines diamants et crocodiles.

Pourtant je t'ai goutté si peu... Dans tes bras languissant, sur ta croupe nerveuse ils vont jour après jour, bercer de ton amour servile, sur les routes infinies rouler leur bosse aplanie.


Comment t'oublier? Comment faire pour résister au suicide ou me pousse les souffrances de ton mépris? Tu t'omniprésente. Tes consoeurs innombrables me narguent à la fenêtre. Le monde t'appartient, le monde est pavé partout de ton socle de bitume. Les feux des phares dont tu charge la ville me signalent sans cesse que tu ne veux pas du sans le sous.

Monde cruel. Je pleure, je renifle, je déborde de peine. Non, tu ne pourras changer ma souffrance à ta guise en haine, rancoeur ou démagogique stratagème. Mes larmes finiront par étouffer ton pervers univers. Si tout mes sens sont corrompus d'avoir désiré l'ardeur qui anime ton moteur de coeur, mon esprit reste libre et virevolte au dessus de tes possibilités.

Susozoto, descendante orientale d'un empire d'amérique, je succomberai certainement à ton charme miroitant. Comment résister. De la fortune, tu appelles la fortune. Tes écuries comptent des bêtes de plus en plus féroces puissantes et belles.

Princesse de la terre, Susozoto dans le gouffre des limites de mes pas, je rêve secrètement à voix haute. La hantise de te posséder est plus que forte. ô la magnificence de ta volupté. Quand on roule dans la ville on comprend combien elle est a toi et à nul autre.

Tu nous isoles dans le grand tout, musique stéréo, parking chauffé, Susozoto... Dans tes bras chaud l'hiver, sur tes cuisses fraîches l'été...revient moi. J'ai tant besoin du pouvoir que tu dispense. Susozoto...vroumvroum...Susozoto...


Benoît Leroux, 1991