TÉLÉFIGÉ



Par la plume s'adage l'élan occulté qu'un chacun tient en son giron.

Ausculté par la nature de l'époque cerné par une paranoïa du jugement fatal, la création rentre dans sa coquille.

L'Élan généreux dont on à peine à imaginer d'où il vient, jaillit, majestueux et soudain.

Angoissé dans le rétrécissement musculaire, le froid qu'on chasse dehors.

La pauvreté, la pauvreté incurable comme une conviction imaginée cloue le pouvoir de s'élancer.

Tout s'acharne à m'empêcher de persévérer.

Le loisir indolent, le loisir spectateur, le loisir voyeur vient me geler devant la télé, dans le coeur de mon foyer.

Après des semaines de recherches, je ne sais plus pourquoi je cherche. Mais il aurait peut-être été mieux de chercher quoi rechercher pour savoir pourquoi le chercher.


Benoît Leroux, 1991