Sans ne plus jamais tarder,
devant les journées malheureuses,
promenant sur la ligne vertige du temps
mes amours naufrageuses,
je me suspend à mes rêves
en retard.
La course fulmine,
mais je nonchalance.
Elle fulgure, je désinvolte
et me libre au vent du soir.
Je chapeau, je suspend, je soutiens.
Rêves doux de brume et roses
agrippez mon oeil dehors
et mon oreille distraite,
discrète et mal faite
aux chuchotements.
Avalanche douteuse
soufflet désertique
amante rocheuse
en baisés volcaniques
Je monte des escaliers qui n'en sont
pas.
J'ai des muscles néméens
pour mordre un raisin mou.
J'ai des bras de braise pour embrasser de feu
les océantiques lèvres
de ma belle.
Et je m'envole,
à contresens de la neige qui dégringole
vers le soleil et la lune
en litige éternel.
Benoît Leroux, 1974