éloge à mon corps
mon corps nu que la nature aime
éloge à mon corps
à mes mamelons qui se hérissent
à mon corps qui sait si bien jouïr
éloge à tout ces poils
qui la brise savent
à mes fesses que mes mains caressent
éloge à ces courbes et ces replis
à cet ensemble infini
dont la science m'est inconnue
mais qui bruisse sans bruit
éloge à ce corps qui me rêve et se guérit
à cette masse qui m'aime et me suit
à tout ce qui se meux et aime se mouvoir et qui m'émeux
ce qui m'enferme et m'ouvre
ce qui me possède
ce qui me livre le monde
éloge à sa flamme qui se consumme
et qui dort et qui veille
à ce qui endure mon âme
éloge au désir dans mon corps
à la peau à la force à l'autonomie
au loboratoire de mon estomac
à la merde à mon anus à ma bouche à mes narines
surtout à mes yeux à mon nez à mes oreilles
qui tous sont beaux au miroir
si le vent le parfum des plantes la terre humide
la rivière les étoiles les maquillent de leurs graces juvenilles
Éloges aux frissons aux légers souffles éphémères
qui extraient du temps des diaments éternels
Éloges aux sensations que me procure mon corps
sans lesquels nulles issues
à la nudité de mon corps nu dehors
les herbes le frolent
la rosée l'humecte
les étoiles le regardent
Éloges aux joies de mon corps
Benoît Leroux, 2003