En l'errance villantière des jours d'huis
où le rythme des lumières m'estourbi
à penser nul le temps ne s'apaise
car courir contraint ou ne rien faire
oblige au vide d'être plein et
au plein d'être vide
Le temps des valeurs viole à fond le verbe être
pour avoir se déguise et devenir se gargarise
à rendre compte est contraint par compétence renaître
faire savoir à la presse choses
qu'on vulgarise
Alors, obsédé des garrots des chaînes des hantises
qui vous lient, empoisonné de comportements dures
machines à sous, paroissiens des grandes entreprises
sinon croiseurs magnétiques
des guichets, c'est dur...
Le vendredi, fourbu, égaré, en quête d'une dose de liberté
à l'espace global vous traînent vos pieds, dans la nonchalure
d'une obsédée qui cours soumises en proie à ses idées,
vous voilà faible et vaincu
par le monde impair.
Mais que trouver? Chaleur humaine d'Arthur coeur de Lion
cet auguste compagnon, qui sa foi naïve garde dans la main
et l'offre au juste comme paix souveraine, fumée certaine.
L'espace alors se globalise à l'instant. L'ardeur du saint-graal
ravive et renoue dans l'absurde bière
et l'épaisse fumée.
De son armé de bon vivant,
des urbains rastapierres,
des alchimistes du bon mot,
des jouvenceaux de l'arrière garde
des vieux comme de nouveau.
Ou des éjecteurs de pinceau,
des refaiseurs d'art nouveau
des hobereaux géniaux,
des spontanoïdes,
délaissé par la presse,
trop vrai pour qu'on y croit,
et ça cri d'art et de poésie.
Ça musique chante, danse,
ça se côtois heureux
dans l'ivresse des drogues douces
comme autant de paix et de génie,
on se retrouve à l'acropole,
sous un menhir,
aux catacombes d'une cathédrale,
l'humain nu les mains nues,
aux têtes de Yéronimus Boch
entourant le Christ.
On évènemente,
on publie brouillon par photocopie,
on gueule contre, on expositionne,
et ça s'appel DeBroin, In Vivo,
4pat, Turbo, ça Paul Milou
dans des hebdromadaires de quartier à la con,
on vidéotape n'importe quoi,
tout le monde, l'histoire de nous,
pour se sentir télévisé,
pour oublier qu'on nous oublie,
pour se rappeler qu'on était là,
tout à l'heure.
Ça r'Eva photographiquement,
ou sous le manteau ça Michel.
On y meurt joyeusement
la fin du millénaire
à coup de mondial
de la tristesse et du désespoir.
C'est le salon des refusés,
ceux qu'on refuse de subventionner,
les incohérents de l'administré,
les fausseux de masques
qui saignent des larmes d'époxy.
C'est là qu'on apprend les dessous
du gammic de la poésie perverse
des grands de la clic en décadence
qui se renvoient la balle
des prix littéroire,
qui spéculent sur le libraire,
qui hypothèquent la une
du cahier des arts du samedi.
Sur la rue Mont-Royal,
au coeur de la frénésie
des heures de pointe,
près de Saint-Denis
ou passent un maximum
de jolie fille,
on peut reconnaître Miron
qui passe quand ce n'est pas
l'esprit de Bison Ravi.
Car l'amérindien brûle nos veines,
comme l'herbe heureuse nos gorges.
L'humble Arthur,
avenant pour le jeune
orphelin poète de seize ans,
l'enracine illico,
il le fait reverdir sur scène,
lui souffle ses vers,
le monte en transe
et le propulse à sa mesure,
où il va, volant de ces propres ailes,
et se voit contraint d'ailleurs publier
pour remarque honorable
et prix quémander
au cercle de Mohr s'aller racine contrecarré
et se faire baiser
par les tordus des hautes sphères
des tordu de la boue des sexes morfondu.
L'humble Arthur, en haillon,
mal mit, qui se fait Alain
pour ne dire aladin
de la lampe qui vocifère,
car il a aussi son caractère.
Quant la pourriture rampe autour,
sans aucun discrédit, il crache
le feu du volcan des dieux,
il jette la foudre de Jupiter
sur celui, qui mort,
pourrit dans l'espace Global.
Que ne dire aussi de ses sujets,
Rhino en est un de taille,
prompt à la chaire comme
au rire et à la bouteille,
qui sait par habitude,
s'en aller à temps sans mot dire,
contant du regard
pourfendu de son hôte.
Ce Rhino, le dernier des neutrino
qui se permet d'exercer la physique
et de résoudre l'universelle
gravité.
Les filles y ont souvent été rare,
craintives chez ces mâles barbares
trop imbu d'alcoloîde.
Celle qui s'y racolent
ont du mâle en elle,
ont du chien elle sont femmes et humaines.
Elles créent sans crainte et sans reproche,
fument et boivent, baisent et savent.
Quand j'en sort pour retrouver mon sort,
je ressuis global moi-même.
J'ai courcicuité mes malheurs,
je rêve, je poétise,
j'ai le coeur qui joue du drum,
damné soit ceux qui crache de honte
sur les petites gens simples
et qui évitent de s'y collé
par crainte du jugement
sur l'image, par crainte du non-dit.
J'ai le contraste qui vibre,
je chante tout haut la puissance
sans glaive, où tout dans un petit rien
crie à l'écho l'écoute
au bateau l'aéronef,
et j'irai encore serrer
sur mon coeur celui qui l'Attaque,
pourfend et trucide comme saint
triomphe sur le dragon
qui gît à ses pieds.
Benoît Leroux, 1992