Je viens au jour. Mon cycle forme une spirale, je suis d'aujourd'hui. Hérétique. Pauvre et gratis. Bon et bienveillant.
Rien ne se perd rien ne se crée.
D'idées subtiles ou simples ma substance est plutôt
aléatoire et de foret détruite. Je suis informatisé
et photocopié.
Mon esprit aime survoler et virevolter
comme le papillon d'une fleure à l'autre, éphémère
et transformatoire. Ma langue est créative suave et sensuelle,
c'est une trompe qui trompe, susse, syphonne le sens des sucres.
Je suis le contact, le coït des
fleures, qui par mon entremise baisent l'une avec l'autre. Etre
insecte, Roi Papillon, pur esprit, j'ai la toge blanche aux taches
de léopard plus fine qu'hermine. J'ai la masse d'absolue
légèreté. Tout ce qui monte converge.
Par dessus les foules j'explore l'inconnu simple qu'offre la nature amante sans me soucier de la grenouille qui me mange. Qui me regarde, je l'aime car il donne sens à mon existence. Je lui appartient. Par mon courrier du trèfle je publie l'impubliable.
Je censure toute censure. J'exploite
les ressources de l'imaginaire. Je connais la source et le but
du monde mais je ne sais pas le bien et le mal encore. Ma phase
humaine est à venir mais vous, vous serez Dieu, dans des
centaines de millénaires.
Pour l'instant je vous observe et je
rêve de toute ma capacité, je rêve au soleil
et à la fleure ou la perle et rare pierre chaude, je goûte,
je regarde tout autour.
Benoît Leroux, 1995