C'était les jours brûlants du début du monde
le ciel se sentait vide enceinte d'une seule terre
comprimé entre l'alpha et l'oméga
d'un trou noir
C'était le début des temps le début du monde
De glace et de pression,
concentration de lumière ronde
tous ensemblent ont copulait l'univers
C'était le début du monde, le brainstorm
le melstrom, maternité féconde,
absurdité absconde, frigidité puribonde,
timidité d'une sonde qui fonde
comme une comette qui s'écartelle
en Jupiterre.
Nulle songe, nulle pensée...
le silence pur d'un grondement sourd
le son lourd du frottement
les charges pleines du désir
la pleinitude d'un nirvana communal.
Rien mais tout en un.
Un masse sans attraction, sans inertie
une absurdité absconde
vers elle-même retournée
Dieu tout puissant en manque d'idée
qui fait un bide au lit
Dieu impuissant, mort ou vif
mais qui se bouffe sa propre lumière,
qui mange ses bas, qui à les
boules.
Refermé comme une moule
un coquillage, une spirale,
un acide désoxido-nucléïque.
et puis, à la seconde d'avant la première seconde
comme un arret cardiaque,
le retient de la respiration,
le cripe d'avant la plonge,
la peur, l'adrénaline, la détresse, la joie
l'excitation totale et puis
Boum. Bang. Big.
The big one. The best.
Le most.
Un cri, des honomatopés, des débrits
l'accouchement
l'espace est engendré
le temps qui naît
le jour jaillit
Mais avant, devant
le soufle du vide
un vent
une sphère de silence
pour contenir le contenant
absence grandissante
le néant
une onde de choc
l'effet doppler
information nulle
d'un rien incompreansible
inperceptible
Benoît Leroux, 1993