Magne muse, mon chant premier
Viendrai viendrai
je t'aurai puissante
dans la nuit
à lent pas courbés
par ton lit te cueillir
Oh, oncque ne m'entendra
à ton rève perché
ma chaleur t'absorbera
et la tienne moi
Tu glissera te laisser
telle une abreuve
aux tendresses de mon âme
dans la tienne enchâssé
Nous aurons tout
ivres
tout baisé
de nos chaires intenses
doux sont
le mois de mai
la lune d'argent
où pèse l'accable d'un
chagrin
Ils sont les plus
les trésors qu'on a peur de.
magne muse, un chant second
...
Qui est une fleure?
Tu m'entraine dans une folie trans-papier
là entre mes mots et tes jambes
une force déjoue mes sens
quel sont ces sons
qui s'aiment d'une source soudaine
le silence à l'écoute,
Je blûle de mourir dans ton ventre
clair.
magne muse, mon chant tiers
morceau de viole
Me voici, ma merveilleuse,
en costar gris beige
illuminé parmis les êtres
me voici, tout puissant
proférant tout partout
des érections incontinentes
crachant ma bave de belzébuth
sur l'affreux de la ville émue
Attention, toute tendre
car devant tout
me voici voilà
piétinant les dieux du ciel
en étrangle nature
puissant, le plus beau
pour te créer en couleur
Sois furtive
sois douloureuse
ma pouliche
sache jouer de l'épaule
que je t'éperonne à mort
t'enfourche au galop des dunes
que je t'infuse,
ma diabolique
en assencion
ton vagin, tes naseaux
qui fument frémissent
à la course.
Cabre!
Prend le mord aux dent!
Foule aux pieds ces ammats d'ennuis
Regorge de sanglots
cette sève blanche
absorbe le venin.
Je me moi autant que jamais
sur tes seins de pute
où je vomis l'élixir
ivré des odeurs criantes
de la luxure.
J'avoue, oui j'ai honte.
Oui je votre dans la pousière
ma tête couronnée
c'est que vois-tu
belle orgueilleuse
j'ai archi-faim de toi
de ton ventre sonore.
Je suis à tes pieds
tel un arc
bandé comme un aigle
souffrant à ton pied nu.
Ta main tendre
est affolante.
Où mordre
maintenant
ma défuntifise d'homme ?
Vain cul.
vais-je pleurer
pour ceux qui savent lire ?
Vais-je rougir et
m'aller pendre ?
Z'êtes, demoiselles
sous vos jupes perverses
les doigts de fées
de ma mandoline
qui dit:
"Je sais trop bien répondre
d'un vagin plein de jus".
magne muse, un chant quatrième
Voles, ô oiseau de ma jeunesse
La lune pleine déchire les nuages
elle tire à elle
d'incroyables flots de rêve
Je t'imagine comme une flèche
qui quitte son arché
armée d'un autre temps
qu'engendre ta vitesse
Dans ma chambrelette
la nostalgie résonne
dans des tuyaux
qui servent à couler.
Une chirurgie métaphysique
s'opère dans ma bédaine
Il s'ouvre un oeil interne
qui voit tout.
Mais j'ai mis un voile
dans mon encre
j'ai l'amer triste qui brume
très fragile au niveau du coeur
Ma pensée se dilue et fond
comme monte le niveau du lac
insaississable mouvement
d'une lenteur ingénue.
Mon oeil répend
sa pluie de regard
en rond qui mouillent
la surface des images
et les déforment précisément
Le spectacle oculaire
s'abreuve
au double reflet
du soleil par la lune
dans la substance de l'onde
Abîme!
Innéfable trou.
Toutes sensuelles
s'y module.
Des sombres rayons d'argent
parent l'astre des nuits.
Son silence de lune
inquiète des songes
en révoltes
où l'on danse nu
un sabat macabre
à l'écran mobile des
nuages.
C'est la pleine lune.
Son attraction me transperce
comme les baisés humides
aux douceurs écorchante
de tes lèvres gonflées.
Magne muse, un cinquième chant
Ton pégase étalon
À toi qui pendule
cette tache grisée
J'avais des mots
bien pensés
qui dansait ta beauté
J'imagine l'encre
couler sur ton sein
ma plume ne sait plus
m'exprimer.
Je serai un beau mâle racé
plein de grand savoir
grave et profond
érudit de tes courbes
insensibles.
Je serai triste et naif
comme un enfant
qui songe à mourir
et sur le son de mon violon
j'irai te cueillir au balcon
dans tes mauves nuages
nous aimerons
avec de longues ailes
comme l'horizon.
Si tu savait, Nicole,
j'ai des sphères dans ma poche.
On les lance pour qu'elles
éclatent en étoiles minuscules
Parle moi un peu
avec ta langue
avec tes doigts
ton ventre et tes orteilles
Magne muse, un sixième
Nicoleries
Le sens de l'ombre
au fond de ce rêve
l'univers sait que je t'aime
l'horizon
2 pôles
une lumière
nous le ciel
nous la terre
sommes d'oiseau
libre d'être
le saxe
la trompette
un seul cri
l'extase
l'orgasme
un ruisseau
sous ta lèvre nue
un pont de caresse
par des cieux de braises
ô ta colone
mon algue
la colombe.
Benoît Leroux, 1973 à
1976