Le poète de la ville
a l'ame particulière
les images qu'il charie
n'ont pas la beauté antique
Dans le métro il s'inspire
aux sons inharmonieux
des visages ciselés
par l'obligation de vivre
Des avions sifflent sur l'azur bleu
Le train passe
semblable au train qui suit
Je sais que tout va craquer
Tous savent que mourir les attend
Mourir dans l'image volupte
d'une pub aux éclats souriant
Derrière une pub en papier
il n'y a rien
du beton et de la terre
Le poète de la ville
est inspiré jour et nuit
par la constance inerte
des néons réguliers
Il est royalement abimé
dans les couteaux
des conneries télévisés
Il a le rêve opéré
Il a l'angoisse délavée
Tout son être est un porte avion
retenu d'attaquer
La maladie du monde est en moi
Je meure 10 fois d'un seul coup
Garde moi sous ta main
Père tout puissant
Vive la désillusion
j'en veux plus et plus encore
pour être enfin instruit
Benoît Leroux, 1992