faut-il que je soit seul, triste,
angoissé, perdu dans la folie de ce monde pour que tu viennes
à moi encore une fois ?
Il était une fois, un soir,
vers dix heure...
Pas d'envolée lyrique cette
fois. Des mots simples. Je t'aime.
Je t'aime, je n'ai personne d'autre
à aimer sans contrainte et qui souhaite que je lui dise,
alors c'est toi.
Bonne nuit.
Un ciel chargé de nuages lourd
s'effondre dans mon coeur comme une armé invincible qui
semme la mort qui récolte sa victoire.
On échappe pas aux besoin
profond de l'âme. Je ne me suffit pas à moi même.
Que mes yeux pleuvent, que mon gosier s'étrangle, que
sursaute sans cesse mon torax que du gouffre jaillisse cette peine
je j'ai peine à contenir et mon age n'a plus de sens et
mon rôle perd son comédien je ne suis qu'un petit
enfant de rien du tout qui ne supporte plus son masque ridicule
de héros invincible.
Nicole, j'aimerais tant quelqu'un
que je redoute, en face de moi, des bras et une épaule,
perdre la face et tout ce qui vient avec.
C'est la fatigue qui rebondit au
fond du trou.
J'ai créer le ciel, la mer,
les créatures, la peur, la souffrance, l'amitié
et la violence, j'ai mis sur pied des chantiers d'histoire et
des milliers d'années comblées de lumières
que j'ai répendu sur l'ombre, trop rapides pour être
jouie, trop lentes pour être espéré et le
désir en plein milieu gréer d'yeux avides et affamés...
tous ça pour briser ma solitude et me faire multiple.
Au bout du monde la gloire et la
peine se confondent.
Je t'ai créer toi, Nicole,
pour me lire et m'entendre, pour raisonner mes murmures, pour
faire échos et mirage au brouhaha de l'univers.
On est loin de nos 17 ans. Le fantôme
envoutant de l'amour s'évanouit hagard. Les briques sont
lourde et la terre ne donne sont fruit que contre monnaie sonnante
d'effort et de souffrance.
Je perd encore le nord, émerveillé
des boulversement du monde. Je charie à pleine pelletée
des mots bruillants pour trouver de l'or dans le ruisseau de la
vie. Je m'ennui de toi et de ta voix, j'aimerais ton souffle
qui pleure sur le mien, le sentir, le voir, oublier le reste dans
l'océan paisible de tes vastes yeux où ma passion
s'éteind noyée comme une brulure.
Encore, je veux le baume d'une femme,
sa joue comme compagne, une mêre une femme une amante une
soeur, un double contraire, qui éteigne ma furie dans la
fraicheur de son silence d'aurore.
Benoît Leroux, 1993