Le pédant de la baume répertorie méticuleusement
son embonpoint ourleté de bourelets
bien tombant.
Le loup luisant, lui, se compte le mouton,
sur la steppe en refuge, tout seul,
banquier maudit.
En son rang, le nuituyeux pas lavé, ourdie la chute
de l'empire, il a l'idéal qui
frisonne d'un bond.
La femme fait semblant de dormir pour elle-même
sans solution sauf la douceur, un frisson
de mangue.
Qu'elles se regrouppent s'ammassent ou se sentent seules
les foules ne savent plus quoi dire
sans un leader.
S'Il savait projeter le destin de son peuple sur l'écran
il serait encore à aboyer, l'imaginaire
en idée fixe.
Un saut périeux arrière, triple loupe, double coupé,
rond de jambe en l'air, entrechat seize,
boum, par terre.
L'orientation des uns fait le déconfiture des autres,
les vérités se savourent dans l'ignorance
comme des sorbets aveugles.
De l'oeil à la lumière, entre voir et la matière
s'interpose la science avec un grand H,
qui down les rêves.
L'Imagerie est interlope,
son frigidaire a violé le voile timide
de la haute atmosphère,
il en coule des youvises pour ses enfants
Le voila sénior en stratégie de communication,
il s'achète ce qu'il veut sauf le temps
qui manque à son nerveux système
pour jouir.
Les mots alongent la jambe, étirent la barbe,
font la grimasse en encre sombre,
et tout change pour se ressembler pareil.
Dire et mentir, sortir des insanités,
chanter des stupidités, pour ne pas tuer
ce film violent que dévorent
nos enfants gratis.
bizarrement va le monde, à coup de poing,
par rasade, cul sec, sournoisement,
en vagues marées, boitant et borgne,
mais vivant.
Toi, moi, fera-tu ton point sur le i de l'histoire
ou une tache de café sur ton curriculum vitae...
allez donc voir si je me fait cuire
un oeuf.
Benoît Leroux, 1991