Il s'en fallu de peu qu'un océan
dans ma culotte se vide avec balènes et planctons.
Il s'en falu de peu que j'éjacule
comme un volcan tous les mots, toutes les langues toutes les bibliothèques
de tous les siècles de toutes les terres parce que j'exagère
la couleur des flammes, je sublime la saveur, j'enfle les odeurs
comme se gonfle mon coeur de petit rien qui absorbe tout.
Aux travaux forcé du bill, la
vie est confinée entre les pauses, entre deux pointsa de
non retour entre deux mots qui sont enchainés comme je
ou t et apostrophe qui sont plus existant que la douceur du vent
ou le cailloux sur la route.
Il n'y aura jamais assé de papier
pour ma main a tout noircir comme jamais assé de chemin
pour fuir.
Fuir la vague, fuir le destin, fuir
ce qui m'attire en vain.
Il n'y aura jamais assé d'ivresse
pour endormir l'alcoolique, d'amour, d'amour, d'amour pour me
contenir.
De tendresse, de ciel, de beauté
de femme, de mains, de paysages, de vent, de vent, de vent, de
diables pour ébrecher le fil de mon épée,
de méchant pour éroder ma foi, ma foi, ma foi, de
répétition pour te faire saisir cela, au fond, qui
gézer, qui, qui, qui.
Qui gît.
d'encre, de papier, de soufle.
Benoît Leroux, 1993