Elle sont légions
par l'heure bleu d'été
par les fenêtres ouvertes
quand la volute cinétique
dilate l'air hétérogène.
Elles montent en nombre fou
souvantes fois
parmis les bruits
fantomatiquement défigurées
elle cherchent le chemin du secour.
C'est vers moi qu'elles viennent
qui suis l'impuissant itempestif,
leur chevalier sauveur sans armes
blessé par elle jusqu'au fond
de l'ame.
Elles viennent et reviennent
tourner le fer dans la plaie
par leurs cris leurs larmes,
leurs douleurs, leurs drames,
Elles virevoltent, s'éloignent
tiennent et tiennent
comme une torture infinie.
On dirait qu'elles se sont aggripées
sur les accrostiches du vent
ne le lachent plus tant
qu'à mon timpan elles ne sonnent
l'horreur de leur martire
ces voix, ces voix d'enfant qu'on bat
qu'on torture, qu'on se sert pour se cendriller
qu'on viole même, peut-être,
paternellement.
Benoît Leroux, 1992